Les Bureaux de Contrôle sont dans la course

Tous les acteurs de la construction sont impliqués

Depuis maintenant plusieurs mois nous avons tous eu l'occasion d'entendre parler du BIM, de la Maquette Numérique, du processus collaboratif, IFC, plateformes et autres termes ou acronymes qui mettent en avant cette nouvelle méthode de conception, réalisation et gestion des projets du bâtiment dans le neuf ou le patrimoine.

Des articles et exemples de réalisation de projets ou d'implémentation du BIM et de la Maquette Numérique dans telles ou telles entreprises foisonnent sur le net, tutoriaux, vidéos, conférences et évènements nationaux comme BIM World 2016 en avril prochain sont donc maintenant monnaies courantes.

Certaines entreprises ont déjà bien pris le pas et d'autres se mettent en place ou tout du moins s'informent. MOA, Architectes, Bureaux d'études, Entreprise, Artisans, Gestionnaires et Office d'HLM ont avancer dans cette nouvelle méthode de travail collaborative.

Mais qu'en est-il des Bureaux de contrôle?

Nous avons eu la chance de rencontrer David Retière de SOCOTEC Montpellier, responsable d'activité AMO/GPI et encadrant une équipe de huit personnes.

Volontaire et très impliqué dans sont métier , il nous a accordé un peu de son temp afin de nous permettre de comprendre sont implication et celle de son entreprise dans l'intégration du BIM et des données du bâtiment dans leurs expertises: Le contrôle des risques, la conformité réglementaire et l'assistance à la Maîtrise d'Ouvrage.

Les Bureaux de contrôle sont bien dans la course !

David RETIERE Socotec Montpellier - BIM RévolutionDavid Retière, vous êtes Ingénieur et Responsable d’activité AMO/GPI pour l’Hérault au sein de SOCOTEC. Quel a été votre parcours pour intégrer la deuxième promotion du Master BIM de l’Ecole des Ponts PARIS TECH ?

Ma fonction de responsable d’activité « Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) m’amène à travailler en mode collaboratif avec l’ensemble des intervenants dans l’acte de construire.

Depuis plusieurs années, je m’intéresse à l’application des nouvelles technologies du numérique au bâtiment et à l’évolution du métier du contrôle technique vers celui du management des risques techniques et organisationnels. Parce que le BIM impacte toutes les parties prenantes de la construction y compris les métiers de Tierce partie indépendante, SOCOTEC a proposé à plusieurs de ses ingénieurs de suivre le cursus « BIM ». J’ai la chance d’en faire partie.

Le contrôle de la conformité des projets de construction est présent dans les différentes phases de réalisation d’un projet. Comment voyez-vous l’évolution de votre métier au regard du BIM et de la Maquette Numérique ?

Le contrôle de la conformité va au-delà des phases conception et réalisation, la phase exploitation et maintenance prend de plus en plus d’importance. Le BIM doit permettre de sécuriser les attentes des utilisateurs.

Par ailleurs l’évolution des réglementations (lois Grenelle, COP 21, numérique) conduit la profession vers une obligation de résultats en lieu et place d’une obligation de moyens.

Pour une entreprise de 5 000 personnes comme la nôtre œuvrant dans le management des risques, ce changement représente un enjeu majeur. Il implique une évolution de nos méthodes de travail et de nos outils (table tactile, écran tactile courte focale, tablette), ainsi qu’une adaptation de nos méthodologies pour accompagner nos clients dans cette double transition (numérique et énergétique). Par ailleurs, en tant que bureau de contrôle, nous souhaitons être davantage intégrés dans les groupes de travail BIM. En effet, le contrôle technique n’a pas été à ce jour pris suffisamment en compte dans le BIM.

Quels sont pour vous les enjeux, à moyen et long terme, de la maquette numérique et du BIM dans le bâtiment ?

A court terme, il s’agit d’accompagner le changement chez nos clients. Pour cela, il est nécessaire que  tous nos collaborateurs puissent eux-mêmes s’adapter à ces nouveaux modes de fonctionnement, tout en conservant leur expertise. Le BIM bouleverse les méthodes de travail, il faut donc comprendre et expliquer.

Par exemple, les observations que nous portons aujourd’hui sur des fichiers PDF devront être gérées par le BIM avec des annotations apparaissant sur la maquette.

A long terme, nous devrons être en mesure de manager les risques techniques directement sur les supports numériques (maquettes) et d’exercer le métier de la Tierce partie indépendante sur la partie organisationnelle, à savoir le contrôle des protocoles BIM.

Selon vous, comment vont être impactés les métiers du bâtiment, de l’architecte à l’artisan, avec cette révolution numérique que sont le BIM et la Maquette Numérique ?

La transition numérique prendra du temps, un temps d’adaptation aux nouvelles méthodes de management et au travail collaboratif. Chaque profession devra trouver sa place. Certains métiers vont s’adapter et/ou se transformer.

Un nouveau vocabulaire et de nouvelles fonctions apparaissent comme celles de BIM manager, BIM modeleur, BIM collaborateur, BIM strategy, BIM risk manager. Le BIM risk manager assurera en tant que tierce partie, le management de risques du projet BIM. Il aura à sa charge, la vérification du processus technique et informatique tout au long du cycle de vie du bâtiment.

Il va falloir apprendre à collaborer, coopérer et intégrer les attentes et les besoins  de chaque corps de métier. Il faudra aussi rapidement démontrer les intérêts du BIM aux entreprises et aux artisans et les intégrer dans la démarche, pas à pas.

Un dernier petit mot sur l’association et la plateforme internet BIM Révolution…

La plateforme internet BIM Révolution est une très bonne initiative.

Il faut continuer à sensibiliser les acteurs de la profession de façon pédagogique. Cela permet de rendre le BIM accessible à tout le monde, de l’artisan à l’architecte en passant par le bureau de contrôle.  La transition numérique nécessite l’adhésion de tous. Plus il y aura de conférences, d’explication, d’information, plus le fonctionnement en mode BIM se diffusera et deviendra un standard.

Contact / Coordonnées :
David RETIERE, SOCOTEC, 1140 Avenue Albert Einstein 34000 Montpellier, Mail : David.retiere@socotec.com

Merci à toi David pour cette interview et tes explications concernant le travail que vous réalisez au sein de SOCOTEC afin de prendre en compte ce nouveau processus et comment le rendre accessible à vos activités de contrôle et d'analyse. Nous ne manquerons pas de vous suivre et continuerons à échanger sur ce sujet.

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